Biographie

Né en 2000, Victor Garel est diplomé de la Glasgow School of Art. Sa pratique explore les possibilités narratives du medium pictural. Construites autour d’éléments divers, objets et personnages dont les marques communes sont leur potentiel symbolique et l’ambiguïté de leur présence, ses compositions exacerbent le chaos qui régit leur relations. Coexistant dans des espaces transitoires — jardins clôturés, intérieurs indéfinis ou parcs urbains dystopiques, les personnages de Victor semblent mus par des urgences intérieures qui les rapprochent ou les isolent. Quand leurs trajectoires entrent en collision, elles créent des rencontres régies par l’intensité : amour fou et haine féroce, cris et larmes, couteaux et caresses.

Un foisonnement de références littéraires, picturales et cinématographiques alimente le substrat autobiographique de l’oeuvre de Victor et culmine dans des compositions d’une densité symbolique extrême. Le sentiment qui domine est sans doute l’étrangeté. Étrangeté du sérieux unanime affiché par des personnages engagés dans des situations absurdes, étrangeté des objets quotidiens devenus menaces, étrangeté des funambules parcourant la corde à linge, des poissons volant à travers la salle à manger, des fantômes et des OVNI, tous accueillis avec le même flegme. Ces narrations cryptiques, fragments d’histoires sans fins, interrogent fondamentalement l’absurdité de nos réactions quotidiennes face au chaos du monde.

Étranges, parfois cyniques, les oeuvres de Victor n’en sont pas moins engageantes. Un dialogue s’instaure entre la sécheresse du fusain, l’intensité de l’encre et la fluidité de l’huile, dans des compositions libres et dynamiques. La pratique de Victor prend racine dans l’accumulation, par le dessin, d’éléments narratifs divers qui essaiment ensuite dans sa peinture. Cette collection compulsive de chaussures, d’araignées, de missiles et de téléphones hantés nourrit une encyclopédie personnelle que l’artiste peut ensuite mobiliser presque inconsciemment. La construction des oeuvres peintes suppose un refus de la construction, un automatisme narratif, d’où le ressassement de certaines formes dont Victor n’a pas encore épuisé la richesse symbolique. Le tableau se fait et se défait, multiplie les narrations, ouvre des voies mystérieuses et refuse l’univocité. Le résultat est joyeux et chaotique, étrange et drôle, un peu comme la fin du monde.

 

Armand Camphuis

Œuvres
  • Victor Garel, Badaboum, 2026
    Badaboum, 2026
  • Victor Garel, Quel salaud, il veut lui voler son chapeau, 2026
    Quel salaud, il veut lui voler son chapeau, 2026
  • Victor Garel, Château pas fort, 2025
    Château pas fort, 2025
  • Victor Garel, Figure allongée aux rats passants, 2025
    Figure allongée aux rats passants, 2025
  • Victor Garel, Grosse Fatigue, 2025
    Grosse Fatigue, 2025
  • Victor Garel, I will take you with me, 2025
    I will take you with me, 2025
  • Victor Garel, Il faut s'envoler vitre, 2025
    Il faut s'envoler vitre, 2025
  • Victor Garel, La main offrande , 2025
    La main offrande , 2025
  • Victor Garel, La ronde des avions sur le quai du port, 2025
    La ronde des avions sur le quai du port, 2025
  • Victor Garel, Nosferatu, 2025
    Nosferatu, 2025
  • Victor Garel, Oeuf, 2025
    Oeuf, 2025
  • Victor Garel, Ordre du jour, 2025
    Ordre du jour, 2025
  • Victor Garel, Réunion au jardin, 2025
    Réunion au jardin, 2025
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