Le Pavillon Yiddishland est un pavillon conceptuel, indépendant et non national, initié et conçu par l’artiste Yevgeniy Fiks et la curatrice Maria Veits depuis 2022, présenté en parallèle de la Biennale de Venise. Façonné par les expériences yiddish historiques et contemporaines, il propose Yiddishland comme une plateforme commune pour des artistes issus de diverses géographies. Pour sa troisième édition, le pavillon explore Yiddishland comme un territoire imaginé, constitué par la langue, la traduction et la politique de la voix.
Le programme 2026, intitulé Les mots qui tiennent dans ma bouche, aborde les pratiques linguistiques, spatiales et corporelles de l’existence entre plusieurs langues. À travers une exposition, des performances, des installations et une résidence d’artistes, les participants s’engagent dans des processus d’interprétation, de traduction et de relecture, retraçant la tension entre la langue et son énonciation — ce qui peut être dit, ce qui résiste à l’articulation et ce qui reste inadapté.
Au cœur du programme, l’exposition collective Les mots qui tiennent dans ma bouche réunit des œuvres d’Arndt Beck, Laila Abd Elrazaq, Liliana Farber et Masha Shprayzer. L’exposition réfléchit à ce que signifie habiter des mots hérités, imposés ou partiellement perdus. Elle ouvre le 7 mai (18h00–20h00) et reste visible jusqu’au 31 mai au Ghetto Vecchio, dans le quartier de Cannaregio.
Des interventions performatives d’Eliana Pliskin Jacobs, présentées lors du vernissage et sous forme d’actions impromptues dans l’espace public vénitien, activeront l’instabilité du langage, testant la manière dont la parole, le geste et la présence peuvent dépasser ou résister à la traduction dans l’environnement hautement codifié de la Biennale.
Le programme de résidence du Pavillon Yiddishland se poursuit en partenariat avec Venezia Contemporanea. En collaboration avec Jewish Renaissance et le Musée juif de Montréal, il invite des artistes du Royaume-Uni et du Canada à Venise pour développer des recherches nourries par le travail dans le Ghetto juif historique pendant la Biennale.
Le programme se conclut avec Nabatele, une installation publique de grande envergure d’Anna Kamyshan, flottant au-dessus de la lagune vénitienne. Présentée avec le Musée juif de Montréal, l’œuvre prolonge la réflexion du pavillon sur la traduction matérielle et spatiale de l’identité et du sentiment collectif en période d’incertitude. Nabatele est un événement collatéral officiel de la 61e Exposition internationale d’art de la Biennale de Venise, visible du 16 juillet au 16 septembre à Arsenale Nord, dans le quartier de Castello.

